Qu’est-ce que le Réseau WaB ?

Le Réseau Wallonie-Bruxelles (WaB) est une organisation interprofessionnelle et interinstitutionnelle qui vise la mise au point de bonnes pratiques de coopération entre tous les services d’aide aux personnes présentant une problématique d’assuétude grâce à l’approche en systèmes intégrés.

L’objectif principal de ces bonnes pratiques est de permettre à la personne toxicomane, qui ne trouve plus de solution dans son réseau local de soins, d’être prise en charge de manière continue à un niveau supra-local, afin d’entamer un processus de changement continu avec des objectifs intermédiaires convergeant vers une finalité : son rétablissement complet (cfr. ISA & ROI, G. De Leon).

Les objectifs spécifiques du Réseau WaB sont :

  • Harmoniser les pratiques liées au secret professionnel partagé ;
  • Faciliter le transfert d’informations utiles pour l’usager entre provinces et régions ;
  • Accélérer la mise en œuvre du travail en réseau dans diverses zones de la Fédération Wallonie-Bruxelles (plateformes psychiatriques provinciales, projets thérapeutiques de circuits de soins, zones de soins du Décret Wallon, et réseaux informels) ;
  • Maintenir, renforcer et élargir une collaboration interinstitutionnelle construite sur le modèle de l’approche en systèmes intégrés (G. De Leon) ;
  • Elaborer des trajets de soins pour des personnes présentant des difficultés complexes et/ ou chroniques liées aux assuétudes et leurs suivis ;
  • Développer des outils de référence en termes de « bonnes pratiques » et les diffuser.

Historique du Réseau WaB

C’est en 2003 que se réunissent des travailleurs de terrain, issus du secteur des assuétudes wallon et bruxellois, lors d’un cycle de dix journées de formations centrées sur la toxicomanie et la pratique du travail en réseau dispensé par le service « Re-Sources » de l’ASBL Trempoline (centre de postcure à Châtelet). Ces professionnels ont des fonctions diverses et proviennent d’institutions parfois bien différentes dans leurs objectifs et finalités. Des services également éloignés les uns des autres sur le plan géographique même si, à l’échelle de la Belgique, les distances sont relatives. Ils découvrent, dans ce contexte, l’approche en systèmes intégrés (ISA) de Georges De Leon et perçoivent mieux les spécificités de leurs interventions respectives ; ces deux fils conducteurs guident leurs échanges et réflexions. Un constat les rassemble rapidement : en dépit de la diversité de services spécialisés adaptés à leurs besoins ou ressources, certaines personnes présentant un problème d’assuétude(s) ressentent toujours une difficulté à trouver leur place dans le système institutionnel existant. En conséquence, des usagers comme des intervenants de terrain se retrouvent dans des impasses.

Dans la suite de ces premières rencontres, un nouveau cycle de formation est organisé en 2004 et 2006 sous la forme d’une supervision de cas pratiques qui impliquent la construction d’un cadre de fonctionnement et d’outils. Ainsi, rencontre après rencontre, un lien de confiance, basé sur la connaissance de l’autre et de ses pratiques de terrain, s’instaure et contribue massivement à faire émerger une volonté et une capacité d’innover ensemble en optimalisant l’accès aux ressources des uns et des autres tout en ciblant les besoins spécifiques des bénéficiaires.

A l’issue de cette expérience formatrice, un réseau virtuel ISA se formalise pour, très vite, donner naissance, en mars 2007, au Réseau WaB (en référence au territoire géographique couvert). Des représentants de terrain des sept institutions formant le noyau stable du projet, sollicitent et obtiennent le soutien de leurs directions. Celles-ci apportent leur plein appui au groupe de terrain en introduisant une demande commune de subvention auprès de la Wallonie pour soutenir et développer leur initiative. En juillet 2008, la Wallonie octroie un premier subside annuel, non structurel, au Réseau WaB permettant l’engagement d’une coordinatrice.

Fin 2016, en raison de la présence d’institutions bruxelloises au sein du Réseau WaB, l’administration wallonne demande au réseau de prospecter de nouvelles sources de financement au niveau régional bruxellois. L’ASBL Transit obtient en 2018 un subside complémentaire de la région de Bruxelles-Capitale (Bruxelles Prévention et Sécurité). Ainsi, une personne supplémentaire à mi-temps a pu être engagée. Sa mission principale consiste à évaluer l’impact du Réseau WaB sur la trajectoire de soins des usagers qui en bénéficie. L’aventure se poursuit de la sorte dans un souci, présent dès l’origine, de porter un regard sur ses pratiques afin de les améliorer et de les partager.

Approches théoriques du Réseau WaB

Integrated System Approach (ISA) de Georges de Leon identifie dix étapes se rapportant au processus de changement chez un individu (modèle transthéorique « process of change », James Prochaska et Carlo Di Clémente). Cette approche considère la personne dans sa globalité et invite / incite au travail en réseau. Son auteur définit ISA comme un ensemble de services connexes fournis dans divers environnements et guidés par une philosophie psychosociale de l’individu et de sa réadaptation. Elle vise à construire un réseau de services de soins qui propose aux personnes toxicomanes un processus de changement continu avec des objectifs intermédiaires qui convergent vers une même finalité : le rétablissement complet de la personne dépendante.

Le modèle de Prochaska et Di Clémente identifie les étapes d’un processus de changement qui sont relatives à l’état motivationnel d’une personne et qui sont à envisager dans une perspective circulaire avec des allers retours possibles. Cette approche rassemble et valorise différentes stratégies d’intervention et considère la capacité de changement dont dispose tout individu. Par conséquent, l’intervention d’une structure spécifique sera dépendante de l’état motivationnel présenté par le sujet, chaque service aidant ses usagers à avancer vers l’étape suivante. Selon cette approche,  les différents acteurs du réseau de soins intègrent dans leur pratique le processus de rétablissement des personnes dépendantes, les stratégies spécifiques aux différents stades, les formes de relation thérapeutique et les apprentissages qui stimulent le processus de rétablissement. Ceci valide la nécessité d’organiser une étroite collaboration entre une pluralité de services. Un défi relevé par le Réseau WaB.

Organigramme du Réseau WaB

N.B. : La forme circulaire de ce schéma implique des <-> entre chaque partie de l’organigramme.

Le groupe de terrain

Le groupe de terrain est composé d’intervenants qui représentent une diversité de fonctions et de niveaux d’intervention. C’est ce groupe qui, avec la coordinatrice et la chargée de missions, mène la concertation clinique mensuelle et y élabore les trajets de soins des patients inclus. Ces intervenants, représentant 20 institutions actuellement (voir onglet « membres »), sont communément appelés les « référents WaB ».

Parmi ces 24 membres, on peut compter 21 membres structurels et 3 membres adhérents. Les membres structurels s’engagent à participer aux 12 concertations cliniques mensuelles échelonnées sur l’année. Les membres adhérents sont uniquement présents aux concertations cliniques lorsque la situation particulière d’un usager requiert leur participation. 

Le Comité de Direction

Il est constitué de six membres et se réunit, quatre fois par an, avec la coordination et la chargée de missions. Chaque année, une réunion commune entre le groupe de terrain et le Comité de Direction est organisée.

NomFonction en dehors / au sein du Réseau WaB
Leonardo
Di Bari
Directeur de l’ASBL Phénix / Président du Réseau WaB
Muriel
Goessens
Directrice générale de l’ASBL Transit / Vice-Présidente et responsable de la fonction de chargée de missions du Réseau WaB
Henri-Emmanuel
Gervais
Suppléant de Mme Goessens, directeur des ressources humaines à l’ASBL Transit.
Natacha DelmotteDirectrice de l’ASBL Trempoline / Responsable financière de la fonction de coordination du Réseau WaB
Etienne
Vendy
Directeur de l’ASBL Les Hautes Fagnes
Benoit
Folens
Directeur général du CNP Saint-Martin
Ronald
Clavie
Suppléant de Mr. Folens, coordinateur du développement et du suivi des projets cliniques au CNP St Martin.
Dounia
Aarab
Directrice de l’ASBL L’Orée

Le Bureau

Le Bureau a pour but de traiter certains thèmes ou actions ainsi que les matières extraordinaires et urgentes du Réseau WaB et de proposer des moyens concrets d’atteindre des objectifs à court terme. De plus, depuis début 2020, il est mandaté par le Comité de Direction en tant que comité de pilotage pour l’évaluation.

Il se compose de deux membres du Comité de Direction, de deux à quatre membres du groupe de terrain, de la coordinatrice et de la chargée de missions. Leur mandat correspond à la période de convention triannuelle.

Cette petite cellule a l’avantage de pouvoir se mobiliser très rapidement, de jouir de la confiance de l’ensemble des deux groupes (terrain/directeurs) et de pouvoir prendre des décisions rapides sans l’aval nécessaire de l’ensemble des membres.

La coordination

Elle fait le lien entre les différentes instances du Réseau WaB et veille à la mise en œuvre des décisions et des actions. Depuis septembre 2017, ce poste est assuré par Amélia Ramackers. Ce poste dépend d’une subvention facultative allouée par la Wallonie.

La chargée de missions

Le poste de chargée de missions dépend d’un subside complémentaire alloué à l’ASBL Transit par la Région de Bruxelles-Capitale (Bruxelles Prévention Sécurité). Existant depuis juillet 2019, ce poste est assuré par Emmanuelle Manderlier. Elle travaille en collaboration étroite avec la coordinatrice et sa mission principale est l’évaluation qualité du Réseau WaB.

Les bénéficiaires du Réseau WaB

Toute personne, souffrant d’assuétudes, cumulant des problématiques (comorbidité, parcours judiciaire, …) et éprouvant des difficultés dans la mise en place de sa trajectoire de soins (locale) peut, potentiellement, bénéficier du Réseau WaB. Par voie de conséquence, les services confrontés à ces impasses sont également les bénéficiaires du Réseau WaB.

Un usager, potentiellement bénéficiaire, doit répondre au minimum à un des critères suivants (appelés « motifs d’inclusion ») pour pouvoir être inclus dans le Réseau WaB :

  • Manque de ressource(s) au niveau local.
  • Epuisement des ressources au niveau local.
  • Epuisement des ressources au niveau de l’institution incluant l’usager.
  • Souhait pour l’usager de changer de zone géographique.
  • Accompagnement du trajet de soins (demandé par le professionnel)
  • Accompagnement du trajet de soins (demandé par l’usager)
  • Urgence de la prise en charge
  • Autre (par exemple : a déjà bénéficié de l’aide de plusieurs institutions membres du Réseau WaB).

Les référents WaB

Un « référent WaB » doit être un professionnel de terrain, ayant une bonne expertise de son institution et adhérant à la philosophie du Réseau WaB (voir approches théoriques). Il doit être une personne dynamique, proactive, motivée avec une bonne capacité de réflexion et d’analyse clinique. Pour finir, il doit avoir une bonne capacité à travailler en équipe et être sensible au travail en réseau. Le référent WaB a un rôle au sein du Réseau WaB mais également en dehors.

Au sein du Réseau WaB :

  • Représenter son institution au sein du Réseau WaB.
  • Connaître son institution et son réseau local de soins.
  • Construire les trajets de soin des usagers inclus en participant aux concertations cliniques de manière pro-active.
  • Se former de manière continue en s’engageant notamment dans des immersions inter-institutionnelles via WaB.

En dehors du Réseau WaB :

  • Représenter le Réseau WaB au sein de son institution.
  • Véhiculer la philosophie du Réseau WaB dans son institution.
  • Faciliter les trajets de soin construits lors des concertations cliniques en fonction de sa place et de sa marge de manœuvre au sein de son institution.
  • Être une personne de contact, un relais pour les partenaires du Réseau WaB.

Les concertations cliniques

Pour élaborer des trajets de soins tirant parti de la diversité des ressources représentées dans le Réseau WaB, une journée de concertation clinique mensuelle, itinérante à travers tous les services partenaires, est organisée.

Concrètement, lorsqu’un intervenant rencontre un usager en situation complexe nécessitant l’aide du réseau, celle-ci lui est proposée. Il est invité à marquer son accord par la signature d’un consentement informé pour que sa situation soit discutée dans le cadre d’une concertation interprofessionnelles et interservices.

Son intégration dans le réseau est réalisée lors de la concertation clinique par un travailleur de terrain via la fiche d’inclusion. Un trajet de soins (ainsi que des plans B, C,…) est alors réfléchi et élaboré par les partenaires potentiellement concernés et est, dans la suite, proposé à l’usager.

Un suivi mensuel des bénéficiaires inclus dans le réseau est également réalisé et informatisé.

Ces réunions mensuelles sont aussi des occasions d’échanger sur de « bonnes pratiques » entre professionnels grâce, notamment, à la participation occasionnelle d’intervenants externes.

Les objectifs de la concertation clinique peuvent se décliner en 6 axes à savoir :

  • Etablir des trajets de soins entre partenaires du réseau WaB mais également en dehors, en plaçant l’usager au centre et en tenant compte des complémentarités de chaque institution.
  • Assurer une continuité des trajets de soins élaborés afin de ne pas « perdre » l’usager concerné.
  • Permettre l’intervision clinique lorsque le référent WaB se trouve en difficulté avec un usager ou quand les choix de parcours de l’usager ne lui permettent plus d’avancer dans sa trajectoire de soins.
  • Connaître les structures au sein et en dehors du Réseau WaB ainsi que leurs actualités (changements au sein du public accueilli, de la flexibilité des institutions, …).
  • Créer du lien entre les référents WaB au sein du réseau.
  • Contribuer à la visibilité du Réseau WaB.

L’évaluation du Réseau WaB

Le type d’évaluation, actuellement menée depuis 2015 au sein du Réseau WaB peut être qualifiée d’interne, participative, négociée et humaine à but formatif (fournir de l’information pour améliorer l’action en cours). Les commanditaires sont les financeurs et les acteurs du réseau. Les parties prenantes sont : les usagers inclus et les professionnels du secteur assuétudes (membres ou non du Réseau WaB).

Les principales dimensions de l’évaluation du Réseau WaB sont :

  • Evaluation de l’atteinte des objectifs.
  • Evaluation de la qualité de la prise en charge.
  • Evaluation de la satisfaction des usagers et des professionnels du réseau.
  • Evaluation de l’impact du Covid19 sur les usagers inclus dans le réseau (2020 et 2021).

L’analyse des données est, depuis le 1er juillet 2019, pris en charge par Emmanuelle Manderlier, chargée de missions pour le Réseau WaB.

Pour plus d’informations, rendez-vous dans la rubrique « Documents » pour consulter le rapport d’évaluation 2020 du Réseau WaB.

Les immersions interinstitutionnelles

Une mission supplémentaire au Réseau WaB est d’organiser les immersions inter-institutionnelles pour les référents WaB mais également leurs collègues.

Cet outil permet de mieux connaître les institutions partenaires du Réseau WaB, de créer des liens entre référents WaB mais également entre référents WaB et collègues d’autres institutions. Grâce à cela, les référents WaB et leurs collègues peuvent, au mieux, orienter les usagers qu’ils accueillent en fonction de leurs besoins et souhaits.

Si vous êtes intéressés par une immersion, n’hésitez pas à prendre contact avec Amélia Ramackers, coordinatrice du Réseau WaB.

La transposition du modèle du Réseau WaB

La transposition du modèle du Réseau WaB, volonté réelle du Réseau WaB mais aussi de la Wallonie, a pour but de répliquer la méthodologie du Réseau WaB et sa dynamique bottom-up qui constitue sa force, après adaptation, à d’autres secteurs au-delà des assuétudes.

Cette transposition est en lien avec deux rôles du Réseau WaB :

  • Venir en complémentarité et non se substituer à l’existant.
  • Partager les outils qu’il a élaborés ainsi que son modèle de fonctionnement (transfert de « bonnes pratiques »).

Il est important de préciser que ces transpositions se pratiquent via un coaching de la coordination WaB, plus ou moins soutenu, des équipes désirant travailler avec le modèle WaB.

Exemples de transpositions de modèle du Réseau WaB :

  • GTCSI (Groupe de Travail Circuits de Soins pour Internés) : depuis 2015, ce groupe élabore un modèle de travail commun à WaB avec trois sous-groupes spécifiques : « Recherches », « Long stay » et « Circuit de soins, bonnes pratiques et problématiques sociales » avec comme objectif, cinq concertations cliniques sur l’année.
  • SMILE (Santé Mentale – Insertion – Lien – Emploi) rassemble différents partenaires wallons du secteur de la réhabilitation professionnelle en santé mentale. Grâce à la transposition du modèle du réseau WaB, SMILE est aujourd’hui un lieu de concertation mélangeant cas cliniques et partage d’outils et de bonnes pratiques.
  • BITUME (réseau Bruxellois d’Intervention de Terrain pour Usagers Marginalisés ou Exclus) a également bénéficié d’un soutien du Réseau WaB lors de sa création en 2015. Depuis avril 2016, des concertations mensuelles sont organisées avec comme objectifs l’accompagnement et le suivi des personnes sans-abri en région bruxelloise.

Manuel

Durant l’année 2016, le Réseau WaB a créé un nouvel outil à savoir le manuel d’aide à la transposition du modèle de travail en réseau dans le domaine social. Ce manuel est une aide considérable pour les futurs groupes désirant travailler dans la même optique que le Réseau WaB. Celui-ci est disponible sur demande à la coordination, lorsqu’un projet de transposition va être initié.